$ Vivre avec, T1 : Tout ce qui compte – Claire Lebreton

‘La perfection est l’antithèse de l’authenticité.’ J’ai entendu ça quelque part un jour et c’est bien vrai. Tu n’es pas parfaite parce que tu es réelle, tu es une personne qui ne se cache pas derrière des mensonges. C’est ce que j’aime chez toi.

Tout ce qui compte - Claire Lebreton

 

TITRE : Tout ce qui compte

AUTEUR : Claire Lebreton

ÉDITION : Auto-édité

Prix : 1€ (format Kindle) ou 9,90€ (broché)

NOTE : 17/20

 

 

RÉSUMÉ :

Les gens se désintéressent très rapidement de ce qu’ils ne comprennent pas ; et personne ne comprend Melody. Melody et Hayden sont deux lycéens un peu en marge. Ils traversent leur quotidien chacun de leur côté jusqu’à ce qu’un incident les mettent sur le chemin l’un de l’autre. Hayden est solitaire et les élèves le prennent pour un drogué. Melody, elle, est atteinte de troubles obsessionnels compulsifs. Sujet de moqueries, même de la part de sa meilleure amie Max, c’est lorsque les taquineries deviennent persécution que cette différence attire l’attention d’Hayden. Lui, d’ordinaire je-m’en-foutiste et solitaire va découvrir qu’il est capable de curiosité en trouvant en Melody un mystère intriguant et une mission passionnante. Elle est dans son monde et rongée par ses TOCs qu’elle doit respecter scrupuleusement et qui créent un fossé entre elle et le reste du monde. Il essaiera d’entrer dans cet univers fermé pour la comprendre et, à terme, l’aider à se débarrasser de ce qui l’entrave.

 

 

MON AVIS :

Je remercie l’auteure qui a gentiment accepter ma demande de SP. J’ai été sincèrement ravie de découvrir Hayden et Melody, ainsi que leur histoire douce et touchante.

Je ne rentrais pas dans le moule et les gens peuvent être cruels lorsqu’ils ne comprennent pas ou n’approuvent pas.

Ce qui m’avait intéressé dans cette histoire, c’étaient les TOCs de Melody. À nouveau, c’est une réalité dont on ne parle pas beaucoup dans les fictions (c’est d’ailleurs la première fois que je vois une œuvre où l’un des personnages, principal qui plus est, souffre de TOC). N’y connaissant pas grand chose, je ne peux juger du réalisme des difficultés et du comportement de Melody, néanmoins, tout m’a paru très plausible dans cette histoire (et croyez moi, ça fait du bien !)

Nous voici donc en compagnie de Melody, jeune lycéenne solitaire par défaut, parce que celle qui est différente. Celle qu’on regarde de travers, qu’on juge, qu’on pointe du doigt et qu’on moque. Melody, donc, jeune fille souffrant de ses TOC qui la rassurent mais l’emprisonnent dans un monde, une vie qui n’est pas réelle. Melody, la douce, si douce qu’on croirait voir une petite fille perdue par moments.

Le monde était contre elle et elle n’avait rien d’une guerrière, ne savait pas comment gagner une bataille.

Puis Hayden, le marginalisé, lui aussi. Je-m’en-foutiste accompli, ado brisé et reconstruit sur le modèle des critiques qui l’ont façonné. Pour ne pas faire mentir ses détracteurs, il a fini par adopté l’attitude qu’ils lui prêtaient, par devenir celui qu’ils décrivaient : un bon à rien égoïste, incapable de réussir quoi que ce soit.

La rencontre de ces deux ados que rien ne rapproche plus que leur solitude. Tous deux à l’écart du monde, ils apprennent à se connaître, à se comprendre, à évoluer l’un l’autre, l’un avec l’autre, l’un pour l’autre. Et c’est beau, c’est doux, touchant et surtout incroyablement léger.

C’était chaotique et ça pouvait être magnifique. C’était la vie.

La plume de Claire Lebreton est magnifique et poétique. Elle est également très légère ce qui lui permet d’aborder des sujet compliqués que sont les TOCs, l’adolescence, la solitude, l’isolement (forcé parfois), les problèmes familiaux et bien d’autres encore. Elle parvient à suggérer les sombres évènements qu’ont vécus Melody et Hayden sans jamais les mentionner clairement, sans jamais les rendre plus dur qu’ils ne le sont, en les laissant se suffire à eux-mêmes.

L’auteure jongle entre ses deux personnages, deux points de vue qui nous permettent d’en connaître suffisamment, jamais trop, rarement « pas assez ». Nous naviguons dans la tête de deux adolescents qui souffrent de cette période de transition, de ce passage à l’âge adulte compliqué. De cet instant où les uns demande la maturité et l’expérience tandis que les autres ne voient encore que l’enfant en ces jeunes adultes.

Elle me faisait penser à un oisillon cloué au sol, malheureux de ne pouvoir s’envoler et jouant à prétendre en attendant que son jour arrive.

J’ai été sincèrement touchée par certains moments, révoltée par d’autres, amusée quelques fois, puis j’ai eu des avis plus mitigés basés sur ma propre expérience d’adolescente en marge de la société, de sa famille et de sa vie.

J’avoue m’être particulièrement retrouvée en Hayden, sa relation conflictuelle avec sa famille. C’est quelque chose que j’ai totalement vécue (à peu de choses près) et ça me fait plaisir de voir une histoire dans laquelle les adolescent ne sont pas décris soit 1) comme des petits ingrats qui ne pensent qu’à se rebeller pour se rebeller ; ou 2) comme des ados parfaits qui sont simplement incompris de leurs parents imparfaits.

Ici, on retrouve des êtres humains, à tous les niveaux, qui ont qualités et défauts, qui sont parfaits de vie dans leurs imperfections. Et dans un livre jeunesse, encore une fois, ça fait du bien !

J’avais toujours eu un faible pour les gens abîmés. Peut-être parce que je reconnaissais une partie de moi en eux. Peut-être parce que je savais qu’ils pouvaient être tellement plus si seulement ils n’avaient pas peur de reproduire leurs erreurs. Peut-être qu’en les aidant, j’aurais l’impression de réussir quelque chose à travers eux…

Vous l’aurez compris, j’ai été totalement transportée par ce livre d’une douceur incroyable (je le répète, mais c’est tellement rare ces temps-ci d’avoir des livres aussi doux, calmes, posés, dans lesquels il n’y a pas milles et une batailles contre la vie). J’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur, son style d’écriture très poétique par moment, et la justesse de ses mots. Je suis absolument ravie d’avoir pu découvrir ce livre (et je serais ravie de découvrir le second tome de la série lorsqu’il sera sorti).

Une jolie petite lecture jeunesse, sur fond de romance très légère, que je recommande à ceux qui veulent une lecture courte, et calme.

– Mais tu sais… c’est très dur de m’aimer.
– Tu as tort. C’est aussi facile que d’ouvrir les yeux.

 

[Lire d’autres extraits issus de Tout ce qui compte…]

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